L’agilité, une nécessité

Quand vous frappezu un volant, ce n’est pas seulement votre raquette, mais bien l’ensemble de votre corps, des pieds à la tête, qui joue le coup. Il ne faut donc jamais oublier de travailler, en parallèle de la technique, son sens du déplacement, qui se doit le plus agile possible. Que ce soit vers l’avant, l’arrière, latéralement ou verticalement.

La ligne droite, le badiste ne connaît pas. Au contraire, il doit sans cesse changer de direction, selon trois axes possibles – longitudinal (vers le haut), transversal (sur le côté) et antéro-postérieur (vers l’avant ou l’arrière) –, en réponse au coup joué par son adversaire. Il doit donc être en capacité de marquer un temps d’arrêt pour prendre l’information et se réorienter dans la foulée pour pouvoir se mettre en position de frappe. Plus il va le faire rapidement, plus il aura le temps de préparer son coup.« C’est un complexe agilité / puissance délicat à trouver, explique Zhou Junling, entraîneur national. Pour se déplacer vite, il faut du muscle. Mais trop développer sa musculature nuit à la souplesse et à l’amplitude des mouvements. C’est un savant mélange à contrôler au quotidien.»C’est à partir de 14 ans que l’on peut commencer à mettre en place une charge de travail importante autour de l’agilité à l’entraînement, lorsque l’athlète commence à posséder suffisamment de puissance pour supporter la haute intensité et l’explosivité requises. « Il faut être prêt physiquement et mentalement car c’est l’intégralité du corps qui va travailler, souligne Zhou. Les petits muscles des membres inférieurs, tout aussi primordiaux que les grands, entrent en action dès lors que l’on élève les genoux, que l’on ouvre les hanches, ou que l’on effectue des fentes. Ce type d’exercice est donc idéal pour le développement global du corps. »En un seul exercice, par petites séquences d’une dizaine de secondes, vous allez mélanger et alterner tous les déplacements possibles et inimaginables du badminton. Sprints sur place (comme si vous piétiniez quelque chose), petits sauts avec croisement d’appuis, front cross (après une grande et ample rotation de la hanche, votre pied se pose à l’endroit où se situait votre premier appui), grands sauts explosifs, flexions suivies de grandes fentes antéro-postérieures, sauts avec ouverture de hanches. « Plus c’est court et rapide, avec de très courts intervalles entre chaque situation, et plus le travail va s’avérer efficace, insiste Zhou. Et il ne faut surtout pas oublier de changer la partie du corps qui travaille entre chaque mouvement. » Ne reste plus ensuite qu’à répéter cette série multiforme, aménageable à votre guise, à six ou sept reprises. Pour fondre comme un rapace sur chaque volant qui entrera désormais sur votre territoire.

Source :  Fédération Française de Badminton